LIVEDIVISION
Photographies de concerts et portraits d'artistes
par Marianne Lehmann

KEZIAH JONES / EMB 2014

Live Report, Photos du concert

Keziah Jones, EMB Sannois le 23/03/2014

Keziah Jones, bluesman cosmopolite d’origine nigériane, est un petit génie musical qui a créé son propre style, le Blufunk, mêlant Blues, Soul et Funk au gré de ses voyages et expériences de vie.

Découvert par l’industrie musicale dans les couloirs du métro parisien à l’aube des années 90,  et propulsé par le titre « Rythm is love » au succès planétaire, il ne cessera de nous étonner par sa personnalité et ses créations originales.

Après une absence de plusieurs années, il nous est revenu avec un nouvel opus fin 2013, « Captain Rugged », sorti chez Because Music.


Ce 24 mars 2014, il démarrait sa nouvelle tournée 2014 par un concert sold-out à l’EMB Sannois. Et cela va sans dire, je ne pouvais pas laisser passer l’opportunité de découvrir ce formidable artiste sur scène dans ma salle préférée!

 

C’est Fränk, jeune songwriter français poétique qui ouvrira la scène avec des compositions tout en sensibilité et passion, avec un éclectisme et des sonorités qui m’ont agréablement rappelé John Butler Trio.

 

Et voici venir le tant attendu Keziah Jones, accompagné d’un batteur et d’un bassiste.

On rentre immédiatement dans l’ambiance grâce à des morceaux parfaitement exécutés, et des artistes qui vivent pleinement leur musique.

On notera un « Bapfuka » dansant, Funky, plein de générosité, ainsi que « Femiliarize », où Keziah, seul sur scène, nous emporte dans un autre lieux, un autre temps.

Charismatique, il retient notre attention à tout instant, et sa voix extraordinaire se prête à merveille à la musique.

Il nous parlera un peu français avec un accent charmant, nous expliquant qu’il aime rejouer d’anciens morceaux, qui lui permettent de se replonger dans certaines époques de sa vie, et enchainera tout naturellement avec « Invisible ladder », tout droit sorti de son premier album, « Blufunk is a fact », que le public suit immédiatement en frappant des mains .

Keziah fait preuve d’une certaine impatience, d’agitation, comme s’il ne pouvait se satisfaire d’un moment de creux, de silence. D’une énergie débordante, il ne peut rester en place; son visage anguleux en tension permanente, mais arborant un large sourire.

 

Les musiciens font leur retour sur scène, le temps d’offrir un court break à Mr Jones.

 

Il revient torse nu, revêtu d’une superbe cape rouge aux  motifs africains, qui, additionnée à son chapeau et ses lunettes noires, lui offre des airs de super-héros funky et déglingué.

Tout au long du set il n’y aura pas un instant de relâche, ils donnent vraiment tout, c’est impressionnant.

Sur scène comme en salle, on ne peut se retenir de danser et de sourire, il y a une véritable communion, et beaucoup de générosité.

 

Arthur Williams, à la basse, est d’une grande précision avec une apparente facilité assez déconcertante.

Tout sourire, il se déhanche, pose, et échange des regards complices avec Nathan Allen à la batterie.

Pour une fois, on à une belle vue sur celui-ci qui est placé sur le côté de la scène.

D’une concentration sans faille, il offre également une justesse de jeu assez impressionnante.

Je regrette de ne pas avoir réussi à immortaliser ces deux musiciens talentueux, car leurs visages disaient énormément du plaisir qu’ils prenaient à être là, à partager leur musique.

Tous les trois étaient en parfaite symbiose, et je les voyais régulièrement grimacer de plaisir, un vrai bonheur…

J’ai trouvé que l’E.M.B se prêtait parfaitement à ce set.

Il y a quelque chose de magique dans certaines salles à Paris, mais ce soir là, la proximité, l’intimité créée avec le public dans ce lieu très humain, tout collait parfaitement à la musique.

 

Keziah, en showman aux airs de sorcier-guitariste, passe sa guitare dans le dos et joue tout naturellement comme si de rien n’était…

Puis il délaisse sa cape pour découvrir un peu plus sa silhouette aiguisée avant d’interpréter « Communication ».

On passe sur un rythme un poil plus calme, mais toujours groovy, avec un jeu de guitare sublime.

Il se lâche un peu plus encore sur « Pass the joint », sautant, dansant, il se déchaine, sauvage et libre.

Mimant qu’il fume un joint, illustrant le morceau, il annonce tout sourire:

« Je plane; parce que je suis içi avec vous ce soir, c’est vous qui me faites planer! »

 

S’en suivra une excellente interprétation de « All along the watchtower » reprise de Bob Dylan, parfois plus connue dans la version de Jimmy Hendrix pour certains.

Un bel arrangement à la sauce Keziah Jones, sans rien perdre de la qualité de l’écriture originale, ce qui n’est jamais évident avec les reprises.

 

Les artistes quittent la scène, mais le public ravi en redemande!

 

Ils reviennent donc pour un beau rappel avec « I’m known », puis le Hit single « Rythm is love », que les fans ne manqueront pas de reprendre en choeur sur les refrains.

On peut lire le plaisir dans les yeux de Keziah lorsqu’il laisse l’assistance chanter à sa place.

Toujours aussi concentré, on le sens tout de même plus détendu, plus naturel.

 

Ce fabuleux set se clos sous un tonnerre d’applaudissement, avec un public conquis.

Un artiste à voir absolument en live!

 

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site officiel de Keziah Jones : keziahjones.biz

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